Ma maison

Ma maison

Dans mon humble maison résonnent tant de vies

Posées dans la clarté du soleil hivernal

Quand les rayons du ciel glissent sur les parvis

De l’aube si tardif jusqu’à l’instant final

Où l’astre fatigué s’efface sous la nue.

 

Humble, elle est le grand lieu où mon âme se pose

Où les mots s’élaborent dans le creux de mes jours

Comme un roc dans le vent tortueux et morose

De la modernité, bruyante et sans recours.

 

Le violon attend de se joindre à l’archer,

Le piano caressé par les doigts d’une enfant,

Le murmure du cœur, l’éclat des voix aimées,

Le silence léger d’un monde reposant.

 

Immuable, installée dans un vaste jardin,

Elle vit la lenteur au rythme des saisons

Qui revêtent les bois, les champs aux airs badins

D’habits appropriés pour chaque lunaison.

 

Or l’hiver, en ce jour, éclaire mes pensées,

Traversant la croisée de lueurs provençales

Comme un regain furtif des éclats abîmés

D’un autrefois perdu au fond des astres pâles

Qui dans la nuit viendront perpétuer leur éclat

Indicible et ténu, joyaux désespérés.