L’automne de la vie

                    L’automne de la vie              Déjà sur les rameaux paraissent çà et là

       De discrètes couleurs sous le pampre doré,

       Quand le soleil d’octobre essaime son éclat

       À travers les frontons voilés de l’Empyrée.

 

       Et la brise coiffant le regain de printemps

       Enlace les asters et l’or des chrysanthèmes

       Dans les derniers beaux jours de l’automne charmant

       Qui bientôt vêtira d’un souffle un peu bohème

 

       De costumes fringants les bois et les bosquets

       Pour un ultime bal, grandiose mais fugace.

       Tout se teindra de gris, feuillages endeuillés,

       Au grand âge vermeil, au songe qui trépasse.

 

       Bientôt tout sera morne, adieu mes bien-aimés,

       Au grand âge vermeil, à l’âme prévenue

       Dans leur vieux corps soucieux s’en iront à jamais

       Vers la rive infinie d’un monde suspendu.

 

       Ô chers cœurs abîmés par les ans et les maux

       Qui espérez les fleurs d’un printemps éternel

        Les herbages dorés pour les âmes du ciel,

        Mes amis au grand âge déclinent leurs aveux.